La programmation à l’école

La programmation à l’école

J’écris cet article suite à une petite publication d’hier soir, où j’ai appris à me servir d’un Makeymakey… Ok ça ne parle pas à tout le monde !

Voyant les réactions des uns et des autres, j’ai lancé un sondage :

J’ai donc demandé pourquoi, et ce qui ressort de tout ça, c’est qu’en fait on ne sait pas trop comment s’y prendre, et puis ça fait un peu peur et on a pas le matériel, bref on n’en fait pas.
Alors que c’est génial la programmation à l’école !!!!

Il fallait donc que je partage ce que j’ai sous la main, ce que j’ai déjà utilisé, testé, approuvé, ce que j’envisage de faire, mes projets autour de cet enseignement.

Commençons par le commencement et abattons quelques aprioris :

– la programmation à l’école ça n’est pas apprendre à nos enfants à coder pendant des heures en code sur un PC

– la programmation à l’école ça n’est pas un truc réservé aux geeks

– la programmation à l’école ça ne nécessite pas des robots, des PC, des tablettes et tout autre matériel très onéreux

– la programmation à l’école ça n’est pas un truc « en plus »

Je dirais plutôt que la programmation à l’école c’est :

– un enseignement riche et varié qui permet de travailler dans différents domaines

– un enseignement ludique très apprécié des élèves et qui permet de tous les mobiliser

– un enseignement qui permet la pédagogie de projet

– un enseignement nouveau et c’est bien se renouveler

– un enseignement obligatoire car il est dans les programmes depuis 2015

 

Justement, faisons le point sur les programmes, qui guident nos enseignements :

En fait, il y a des choses que l’on étiquette « programmation » que tout le monde fait déjà : je parle des déplacements codés sur quadrillage, on fait tous ça et dès le CP, voire avant même !

Le mot programmation renvoie peut être trop à un univers très technique, moi j’aime parler de l’enseignement de la logique de programmation, parce que dans tout ça, il y a beaucoup de logique.

Et ce que beaucoup ignorent, et du coup ne se lancent pas dans cet enseignement, c’est que la programmation, ça passe aussi (obligatoirement je dirais même) par une phase dite « débranchée ».

Cette étape est capitale pour la bonne compréhension des principes de base, et cela offre déjà tout un panel d’activités.
Après on ne va pas se mentir, l’utilisation d’outils numériques, de robots et d’autres systèmes électroniques permet d’aller plus loin et de varier les possibilités.

Je vous partage donc mes quelques ressources et expériences :

1) Découverte des parcours d’apprentissages « 1, 2, 3 Codez » de la Fondation La main à la pâte

Un guide pédagogique a été publié gratuitement, en format papier (rapidement épuisé !) et numérique, toujours disponible sur le site dédié. Sont proposées des séquences d’apprentissage pour les cycles 1, 2, 3 et 4, j’ai pu testé plusieurs fois la séquence cycle 2 qui est bien pour des débutants (testée également chez des CM1 et CM2 novices).

C’est ludique, bien expliqué, progressif, clé en mains ! Il y a 6 séances de 45 min débranchées, et autant branchées, sur Scratch Junior, application pour tablette gratuite, disponible sur IOS et Android.

Dans la séquence, on apprend justement à se servir de cette application très populaire, souvent synonyme de programmation, même s’il existe des tas d’autres ressources.
Les élèves adhèrent directement, une part créative est laissée à l’élève et ça c’est chouette !

Pour moi c’est une ressource de grande qualité, avec les explications des notions pour le prof ce qui nous permet d’apprendre aussi.

Suite à cela, j’ai créé pour ma classe des défis pour Scratch Junior, disponibles ici.

Dans les séquences pour les cycles 3 et 4, on utilise Scratch sur ordinateur ou nouvellement sur tablette avec la beta 3.0, version plus détaillée et complète, suite logique de Scratch Junior.

Il faut donc pour les séquences branchées des ordinateurs ou tablettes (1 peut suffire si on fait des rotations, les élèves travaillant toujours au moins en binôme).

On peut aussi imaginer de faire des groupes d’apprentissage au TNI/VPI si vous en êtes équipés mais que vous n’avez pas d’outils mobiles comme les PC ou tablettes.

 

2) Ressources pour la programmation débranchée sur Monecole.fr

Il s’agit d’un dossier contenant des fiches de prép détaillées et éclairantes (notions expliquées au prof !) et les outils pour les élèves. Des propositions de programmation branchée sont aussi disponibles.

Je ne les ai pas testées mais j’ai regardé le dossier qui semble de qualité !

D’autres ressources sont disponibles en ligne sur différents sites, des jeux de programmation débranchée, ils peuvent être également proposés. Je pense qu’au début il faut se lancer avec une programmation qui permette d’acquérir les notions essentielles en suivant une progression réfléchie.

3) Tuxbot

C’est une application à télécharger et à installer sur le PC créée par l’Académie de Nantes (donc utilisable sans internet). Le personnage est un petit pingouin à qui il faut indiquer le déplacement à suivre.

Il existe un cahier de l’élève qui propose les mêmes jeux mais sur papier, l’élève ne peut donc pas vérifier son programme mais doit être corrigé. Moins sympa que sur PC ou tablette mais ça peut faire l’affaire !

Ce qui est bien avec la version numérique c’est qu’il y a 2 modes : un mode entrainement qui permet de voir le pingouin avancer au fur et à mesure des déplacements que l’on code, et un mode « défi » qui ne permet pas cette visualisation, donc plus dur et qui  nécessite plus d’opérations mentales.

 

 

4) Le concours Castor

Il s’adresse aux élèves du CM1 à la terminale. Il est proposé tous les ans à cette période (fin le 7 décembre cette année). On peut bien évidement participer au concours ou utiliser les anciennes éditions pour s’entrainer. C’est ce que j’ai pu tester !

C’est sympa, parfois dur, c’est beaucoup de logique et ça remue bien le cerveau !

On va passer à un autre type de ressources qui permettent d’entrevoir les finalités de la programmation. Programmer ça n’est pas juste faire bouger un bonhomme sur une tablette.

On peut programmer pour faire fonctionner un objet, lui donner des instructions pour qu’il effectue telle ou telle action (feux tricolores par exemple) ; et on peut programmer pour créer une application, c’est-à-dire écrire un programme qui fasse fonctionner une interface (une application de téléphone par exemple).

J’en viens donc à l’utilisation d’objets programmables !

5) Le robot abeille Beebot

J’ai pu emprunter un lot de 6 Beebots l’an passé à Canopé (demandez vers chez vous, ils en prêtent certainement aussi !) et nous avons pu programmer les déplacements de ces petites abeilles avec un codage assez simple : avance, recule, pivote à droite, pivote à gauche.

Simple d’apparence, la première chose que mes élèves ont fait c’est leur parler !!! Et oui, j’en ai entendu dire « avance, mais avance enfin ! ». Ils n’avaient pas compris dans quel langage leur donner des instructions, comme quoi !

Ce que j’ai bien aimé, c’est que ça peut servir de la maternelle au CM2, tout dépend du défi qui se cache au dessous.

Ici nous nous étions inscrit au #DéfiCoding sur Twitter, et il fallait programmer un robot (de notre choix) pour qu’il parcourt les cases du calendrier de l’avent dans l’ordre. La difficulté change selon le positionnement des cases !

Je vous conseille de suivre ce compte si ça n’est pas déjà fait (et si Twitter c’est du chinois, allez lire cet article !), plusieurs défis sont proposés dans l’année et c’est chouette de voir ce que font les autres classes.

Après on peut créer des jeux, par exemple on met un tapis de nombres, et 2 joueurs s’affrontent en devant additionner (ou multiplier, ou diviser) les cases sur lesquelles son robot va passer. Stratégie, calcul mental, programmation !

Le petit moins, son prix, environ 80 euros l’une…. Il existe maintenant pas mal d’équivalents comme le robot souris, 30 euros, je ne l’ai pas testé mais j’ai eu des retours plutôt bons, avec juste une vigilance sur le fait que le robot dévie parfois de sa trajectoire.

6) Dash, le robot très répandu aux USA

Celui ci je l’ai acheté personnellement, en promo car reconditionné (parce que sinon neuf ça coûte dans les 180 euros).
Outre son look sympa, il permet une programmation plus poussée. On le programme depuis une tablette (ou téléphone récupéré) avec une application, c’est de la programmation par blocs.

Un extrait vidéo ici lors d’une porte ouvertes dans ma classe l’an passé :

7) Le robot Mbot

J’ai pu emprunter à ma circonscription différents robots dont le Mbot. Il a un vrai look de robot qui plait beaucoup aux élèves (ils préfèrent voir les fils et les cartes électroniques !).

Ce que j’ai bien aimé, ce sont ses applications dédiées avec des défis progressifs à relever. Les élèves n’ont qu’à suivre les indications et relever des défis de plus en plus durs. Motivation garantie !

 

8) Le robot Oorobot, à construire soi-même

…. ou presque !

Ce robot a été créé par un ingénieur de chez Orange et il a mis toutes les pièces et programmes nécessaires à sa construction libres d’accès. Il « suffit » donc de se procurer le matériel, de le monter (ou se faire aider) et on peut avoir un robot vraiment pas cher (moins de 20 euros).

J’y ai consacré un article ici si ça vous intéresse.

Ce que j’aime bien, c’est qu’il a un emplacement pour feutre, et donc on peut faire des tracés !! Défis tracer un carré, ou des lettres, bref il y a de quoi faire !! Une petite vidéo par ici :

J’ai eu l’occasion de tester d’autres robots, mais sur lesquels je n’ai pas trop accroché (Lego WeDo, Ozobot, Cubetto, Thymio), mais chacun ses préférences pédagogiques !

J’aimerais maintenant vous parler d’un autre type de matériel qui permet de mettre en œuvre les compétences liées à la programmation et qui permet de réaliser des objets connectés très concrets.

9) Thingz, le kit de briques électroniques pour créer des objets

Pour résumer, voilà comment ça marche :

Les créateurs conseillent d’utiliser cela avec des enfants dès 8 ans. J’ai filmé un test du kit :

Très simple, ludique et surtout ça permet de créer des objets  comme une station météo, un piano, une lampe radio commandée ….

On programme par blocs, en ligne.

10) Arduino pour les kids

Là on rentre dans du plus technique, avec de l’électronique qui à la base n’est pas à ma portée. Mais mon prof de techno particulier me donne régulièrement des cours pour me mettre à jour et j’apprends à apprécier tous ces petits trucs à bidouiller qui offrent de belles possibilités !

Arduino pour les kids c’est un livre qui propose plusieurs activités progressives pour programmer avec un Arduino (carte électronique open source).

J’ai mené plusieurs séances en classe avec mon mari, dans le cadre d’une liaison école-collège.

Avantages : le livret d’activités n’est pas cher (12 euros) et les composants non plus,  sachant que si vous vous faites aider du collègue du collège, ça ne coûte rien !

11) Makeymakey, mon dernier test !

Tout à commencé avec ce tweet :

J’ai trouvé l’idée sympa et les visuels assez drôles !

Mon mari a ça en stock dans son cartable de prof, donc j’ai eu le droit à un TP d’électronique/programmation !

Au final c’était assez simple, il me fallait quelques explications de base. Mais les ressources avec les MakeyMakey fleurissent et on trouve ce qu’il nous faut.

« Le MakeyMakey est un dispositif d’émulation de clavier à partir d’objets du quotidien : la manipulation de tout objet conducteur relié au MakeyMakey va envoyer un signal à un ordinateur, qui réagira avec la fonction que vous avez défini, en fonction du logiciel que vous utilisez. » [source : http://labenbib.fr/index.php?title=Makey_Makey]

Donc en gros, on peut y connecter n’importe quoi qui conduise l’électricité, on le relie au PC, on programme en ligne avec Scratch et c’est parti !

Nous avons donc créé une machine à votes, qui serait utilisée en fin de journée pour que les élèves disent comment s’est passée leur journée ! Je pense tester ça dès demain, et ça me servira de point de départ aux activités de programmation, ils verront un exemple de ce qu’ils seront capables de faire dans quelques temps, parce que oui, ça c’est faisable par des élèves (j’ai des CM1) !

 

Je finirais juste par vous partager quelques astuces pour pouvoir tester/acheter du matériel :

  • contactez votre circo, les ERUNs ont peut être du matériel à prêter et une co-intervention est surement envisageable !
  • contactez Canopé, pareil, généralement, il y a du matériel en prêt
  • contactez votre collège de secteur et le prof de techno, la liaison école-collège n’est pas réservé qu’aux CM2-6ème …
  • voyez s’il existe des structures proposant des ateliers numériques, par exemple dans la Marne on a St Ex, un centre culturel numérique qui propose des ateliers aux scolaires
  • organisez une vente afin de collecter des fonds pour un investissement de type robot ou tablette ou proposez un projet pédagogique pour l’école à la coopérative scolaire
  • récupérez des smartphones inutilisés, ça fonctionne en wifi sans puce ! Ça vous fait donc un outil mobile de type tablette sur lequel on peut mettre des applis. Vous serez peut être surpris de ce que les parents peuvent vous donner !

J’espère que cet article vous aura donné des pistes, il existe encore des tas de ressources, mais si vous avez un site, un conseil, n’hésitez pas à le partager dans les commentaires !!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

4 thoughts on “La programmation à l’école

  1. Top. Merci pr ce partage.
    Moi j ai la souris où on programme les déplacements. Ils adorent. Je vais tester scratch et geotortue ds l année.

  2. Whaouuu!!!
    Je vais bien m’y pencher pendant les vacances !!!
    merci beaucoup pour ce partage !!!!

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